Les réseaux sociaux ont vu passer une publication inattendue : un texte joyeux, signé Mounira. Lumineux même ! Pas “moins sombre”, pas “un peu moins gris”. Non : véritablement joyeux et lumineux. Avec des couleurs, des enfants, des images qui respirent et même un papillon qui échappe à toute métaphore tragique. Un texte qui ne parle ni de fin du monde, ni de fin tout court, ni même d’un début qui tournerait mal. Incroyable !
Tout le monde a paniqué ! on a relu trois fois. Vérifié l’adresse IP. Envisagé un piratage. Mais non : c’était bien un texte de Mounira. Alors une question s’est imposée, faut‑t‑il revoir toute la ligne artistique du duo ? Changer de palette de couleurs et passer du noir au rose fuschia ? Ouvrir une boutique de bien‑être ? Proposer des stages “Retrouver sa joie intérieure en trois chansons” ? Et offrir des exemplaires des accords toltèques ?
Le texte en question, Le monde d’en bas (coloré pour une fois), n’a pourtant rien d’un accident. D’ailleurs, cette parenthèse dans le titre montre bien que Mounira était tout à fait consciente de son aspect exceptionnel !
Des spécialistes ont été appelés. Des médecins, des neuroscientifiques, des psychiatres, des experts du cortex préfrontal, un cardiologue et même un ORL, — par prudence. Car il faut l’admettre : un texte joyeux écrit par Mounira c’est ultra inquiétant !
Les symptômes observés étaient clairs : présence de couleurs, respiration poétique, absence de tragédie imminente, apparition d’un papillon non traumatisé, tonalité positive. Les analyses de dopamine ont montré une légère élévation compatible avec une exposition prolongée à Julie. L’IRM poético‑affectif a révélé une activation modérée du circuit de la récompense. La consultation d’urgence a conclu à une contamination par la joie de vivre, bénigne mais réelle.
Mounira était contaminée par la joie ?
Après quarante‑huit heures d’observation, le verdict est tombé : aucune anomalie, aucun trouble, aucune dérive stylistique. Juste la mise en évidence d’un potentiel. Les examens ont confirmé qu’il ne s’agissait pas d’un épisode isolé, mais d’une activation possible d’un mécanisme interne jusque‑là discret, déclenché par un contexte précis, un environnement capable d’activer chez Mounira une zone rarement sollicitée — celle de l’apaisement créatif. Une zone qui existe, qui fonctionne, et qui pourrait même être réactivée.
PAS D’INQUIETUDE !
La réunion de crise a confirmé que l’identité artistique de No-sé s’était élargie mais qu’elle n’avait pas changé !
Même dans cette lumière inhabituelle, la signature No‑Sé demeure : le fragile, le sensible, le sens de l’humour bancale et l’énergie du désespoir : rien n’a disparu.
Conclusion
Les experts pensent que ce qui s’est passé à la médiathèque pourrait se reproduire ailleurs.
Il réfléchissent à transposer l’expérience : un papillon dans le ventre (libre), des loups citronnés, des pastels, des feutres, des mots accrochés, des enfants qui jouent avec les mots, et un kamishibaï ensoleillé. Le comité scientifique a envisagé de demander un budget au CNRS pour “étudier l’impact de ce genre d’environnement sur la transformation intérieure des adultes”. Le dossier est prêt. Avec graphiques. Et un rappel important : ne pas toucher au papillon, il sait ce qu’il fait.
Lieu de l’expérience envisagé : les prochains concerts, pour mesurer l’impact sur notre public mais sans certitude car les membres du comité ont repéré un problème de taille : nos fans seraient déjà trop dopaminés !
Le texte Le monde d’en bas (coloré pour une fois) est disponible ici :
https://mounirabibard.wordpress.com/2026/05/08/le-monde-den-bas-colore-pour-une-fois/